Les sarcophages du Haut Moyen Age en Gaule du Nord

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Auteur
Laure-Anne Finoulst
Année
2022
Lieu
Namur
Edition
Éditions de l’Agence wallonne du Patrimoine
Collection
Les Dossiers de l'AWap
Pages
320

Sobres, standardisés, rarement décorés, les sarcophages du Haut Moyen Âge en Gaule du Nord sont méconnus. Fruit de six années de recherche, cet ouvrage revient sur leur production et leur diffusion de la Rhénanie à l’île de Texel.

 

Des sarcophages du Haut Moyen Âge en Gaule du Nord, on ne retient souvent que l’exemplaire le
plus remarquable, celui de Chrodoara découvert dans la collégiale d’Amay en 1977. Pourtant qu’on ne s’y méprenne : si chaque chapitre du présent volume en garde immanquablement une empreinte, c’est pour mieux renforcer le contraste avec la grande sobriété de l’ensemble de la production septentrionale.
Parce que c’est bien de celle-ci dont il est question. Et en particulier celle des pièces en calcaire.

Imposants témoin sarchéologiques, les sarcophages ne se laissent apprécier ici non pas tant pour eux-mêmes que pour leurs relations dans un environnement particulier. L’approche se veut globale, intégrée, et cela, afin de faire ressortir des particularités et des réseaux d’échanges.

Pari gagné pour L.-A. Finoulst qui entreprend d’abord une véritable traque aussi bien sur le terrain et dans les réserves que dans les archives et les bibliothèques. Les traces les plus infimes sont renseignées et référencées scrupuleusement afin de permettre aux sceptiques éventuels de retourner vérifier chaque donnée. Il s’agit tantôt de mentions sommaires ou de fragments lapidaires, tantôt de pièces plus tangibles, en cours d’exhumation ou exposées. Au total, plus de mille cinq-cents sarcophages sont répertoriés et analysés selon une méthodologie rigoureuse, inspirée en grande partie du concept de la chaîne opératoire. Ici, l’auteure détermine les grandes étapes de la réalisation ; là, elle classe, elle date,
elle suit.

C’est ainsi qu’à défaut de décors remarquables (sinon des liserés, des entrelacs, des croix, des zigzags et de rares graffitis), elle établit un premier classement typologique s’appuyant sur des critères pétrographiques, morphologiques et technologiques. Quelques particularités sont aussi relevées : des perforations au fond de la cuve, des aménagements céphaliques, des inscriptions, quelques infimes traces de pigments… ou encore certains sarcophages aux dimensions réduites destinés à accueillir un corps d’enfant.

Malgré le peu de mobilier conservé, d’ossements et de données contextuelles, l’auteure élabore aussi une typo-chronologie, qui révèle une période limitée entre la fin du vie siècle et le début du VIIIe siècle. Seulement alors les voies de circulation sont appréhendées d’après les zones d’exploitation, de diffusion, de concentration, avant que l’évocation des pratiques funéraires ou cultuelles au cours du temps ne viennent clore l’étude.

À l’horizon cependant, se profilent de nombreuses pistes de réflexion sur les plans funéraires, cultuels, sociaux, techniques, économiques, voire politiques… Cet ouvrage avec ses nombreux graphiques, ses trois-cents illustrations, ses vingt-cinq cartes et l’inventaire qui le complète (en version numérique), est
l’outil indispensable pour s’y engager.

Hélène Bourg